29.11.04

Musicien des rues

Au mépris de la neige étouffant la cité
Sous un voile poisseux de chagrin monotone,
Où meurt le souvenir des derniers jours d’automne,
Le musicien des rues continue à chanter.

Sur le trottoir bondé de cadres cravatés,
Il gomme la grisaille au son d’un saxophone
Dont les accords radieux, jusqu’au ciel, tourbillonnent
En concerto d’espoir au parfum de l’été.

Il entonne des airs dont les échos résonnent
Dans le cœur insouciant de jeunes amazones
Au regard prometteur d’ardentes voluptés.

Il égaie les clochards, que l’hiver emprisonne
Dans un ennui glacé, lourd d’inhumanité,
Par la vibrante ardeur de ses chants indomptés.

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