14.7.05

Tourteau amer

Le tourteau, étendu sur un lit de glaçons,
Regarde le vendeur emballer des poissons,
En tremblant de frayeur lorsque sa main s’avance
Vers le casier puant où il souffre en silence.
Entouré d’un amas de compères mourants,
Il bénit le patron qui vante les harengs
Au client qui réclame une fraîcheur parfaite,
Avant de s’affoler quand un regard s’arrête
Sur son corps rebondi de crabe condamné
À composer l’entrée d’un repas raffiné.