11.6.06

Au bras du jour souriant - Texte sans lettre e

Il alluma un cigarillo mais, lui trouvant un goût anormal, il n’y prit aucun plaisir. Il sursautait, tombait sans raison, soliloquant à l’infini.
Soudain, mû par la main d’un clown taquin, il voulut courir jusqu’au bout du couloir. Pour fuir un futur glacial, il marchait pas à pas, sans bruit, au hasard du plaisir d’un talon au contact du tapis. Hagard, il partait dans un tourbillon troublant, sans un mot. Il doutait du propos incongru d’un ami parti dans un pays lointain, du sort banal d’un inconnu, mort aux traits obscurs, du miroir froid, sourd, brutal.
Il voulait dormir, sortir du noir vivant. Il prit un rasoir, posa son doigt tranchant mais amical sur son cou, au fil du sort glacial, au bord d’un absolu narquois.
Un coq chanta. Oubliant la mort, au bras du jour souriant, il s’assoupit.