14.7.06

Vénus bienfaitrice

Afin de s’éloigner des sordides querelles
Que déclenchent les dieux pour tromper leur ennui,
Vénus, sans dire un mot, s’envole cette nuit
Vers la Terre insensible aux haines éternelles.

La déesse, étonnée par la laideur cruelle
Des silencieux mortels, les plonge dans un puits
De subtile tendresse, où macèrent des fruits
Dont le parfum leur donne une grâce nouvelle.

Vexés par leur beauté, les puissances des cieux
Exhortent les humains au visage radieux
À enfermer leur reine au fond d’une cellule.

Les hommes révoltés prennent soudain les armes
Pour défendre leur fée, sous les yeux incrédules
Des maîtres du destin, envoûtés par leur charme.