25.1.10

Pensées d’un chêne

Au sein de la forêt, où deux pinsons égrènent
Leur chanson matinale aux accents mélodieux,
Pendant qu’un chat matois les dévore des yeux,
Un sapin élevé devise avec un chêne.

Le conifère affiche une gaieté sereine,
Tandis que son voisin, le doyen de ces lieux,
Impuissant face au vent qui souffle en son milieu,
Pleure en voyant tomber ses feuilles par centaines.

Le vieil arbre se plaint de ce climat odieux.
Le ramage tremblant, il accable les cieux,
Dont la pluie le pourrit ainsi que la gangrène.

Il attend le printemps, dont le soleil soyeux
Viendra darder sur lui ses feux pour qu’il reprenne
Sa célèbre vigueur de maître du domaine.