1.9.16

Horreur intime


Une araignée agile en robe de velours
Tisse dans mon cerveau une toile perfide,
Où l’ange de l’horreur aux mots de fiel préside
À l’élaboration de mes sombres discours.

Un rapace tournoie la nuit comme le jour
Dans mon cœur tourmenté, que ses griffes putrides
Déchirent en lambeaux, qu’il jette dans le vide,
Où le diable engloutit ce festin de vautour.

Quand vient le soir, un monstre à la mâchoire avide
Dessine sur mon front une invite au suicide
Avec ses mains crochues, brûlantes comme un four.

Un écheveau de vers lourds de sang se dévide
Dans ma gorge, où se noient mes appels au secours,
Tandis qu’à mon chevet, un nain joue du tambour.